
D’abord, rappelons un chiffre : à l’équateur, la surface de la Terre se déplace à environ 465 m/s, soit 1 670 km/h. À Paris, c’est encore autour de 1 100 km/h. Cette vitesse n’est pas “une sensation” : c’est une énergie cinétique réelle, emmagasinée par tout ce qui est posé sur le sol — atmosphère, océans, bâtiments… et nous.
1) La catastrophe immédiate : l’inertie
Si la Terre s’arrêtait net, tout ce qui n’est pas solidement attaché au socle rocheux continuerait à avancer à sa vitesse actuelle, par inertie. Résultat :
des vents supersoniques : l’atmosphère garderait sa vitesse, déclenchant des rafales capables de raser des continents ;
les océans se déplaceraient aussi : des mégatsunamis balaieraient les côtes et progresseraient profondément dans les terres ;
les objets, les véhicules et les humains seraient littéralement projetés vers l’est.
Cette phase serait la plus meurtrière : une conversion brutale d’énergie de rotation en destruction mécanique.
2) Le chaos géophysique : réorganisation de la planète
Ensuite, la Terre chercherait un nouvel équilibre. Aujourd’hui, la rotation crée un renflement équatorial : la Terre est plus large d’environ 21 km à l’équateur qu’entre les pôles. Sans rotation, ce renflement n’aurait plus de raison d’être. Le manteau et la croûte se réajusteraient lentement, mais cela impliquerait une forte activité tectonique :
séismes massifs,
volcanisme accru,
redistribution des contraintes dans la lithosphère.
3) L’eau migrerait vers les pôles
Un effet contre-intuitif : sans force centrifuge, les océans ne resteraient pas répartis comme aujourd’hui. Ils se dirigeraient davantage vers les pôles, formant deux énormes calottes océaniques, et laissant émerger de vastes zones près de l’équateur.
4) Un jour durerait un an… ou presque
Sans rotation, la “journée” n’existerait plus au sens habituel. Un point de la surface ferait face au Soleil pendant environ 6 mois, puis serait plongé dans la nuit pendant 6 mois. Les écarts de température deviendraient extrêmes :
sur la face éclairée : échauffement intense,
sur la face sombre : refroidissement massif, gel généralisé.
5) Le champ magnétique se dérègle
Enfin, le champ magnétique terrestre dépend en partie de la dynamique interne du noyau (effet dynamo). La rotation joue un rôle crucial dans l’organisation des mouvements conducteurs. Un arrêt brutal pourrait affaiblir fortement le champ magnétique, exposant davantage la surface aux particules solaires.
Conclusion : arrêter la Terre, ce n’est pas seulement “supprimer l’alternance jour-nuit”. C’est libérer une énergie colossale, déchaîner l’atmosphère et les océans, et transformer durablement la géographie et le climat. Un arrêt… et le monde tel qu’on le connaît disparaît.
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