
Le Tour de France vient de s'élancer, rappelant à quel point le vélo peut être à la fois un sport, un spectacle et un symbole. Mais d'un pays à l'autre, il ne raconte pas la même histoire : moyen de transport du quotidien, marqueur social, objet de liberté, enjeu d'aménagement urbain ou source de nouvelles tensions en ville. Que dit aujourd'hui la pratique de la bicyclette des sociétés qui l'adoptent, la transforment ou la contestent ? De la Colombie au Mexique en passant par les Pays-Bas.
La Colombie, ce sont trois cordillères qui culminent à plus de 5 000 mètres d’altitude, autant dire que le pays offre un bon terrain d’entraînement aux cyclistes. La plupart des champions colombiens sont des fils de paysans qui ont démarré sur leur vélo pour aller à l’école dans la montagne. Mais le vélo n’est pas seulement pour les petits montagnards et les grands sportifs. C’est une vraie passion nationale. À Bogota, toutes les grandes avenues sont fermées aux voitures le dimanche de 7 heures du matin à 14 heures de l’après-midi pour ce qu’on appelle la « ciclovia ». Ce sont plus de 140 kilomètres de voie réservée au vélo et près de deux millions de cyclistes amateurs, petits et grands, qui sortent tous les dimanches. La « ciclovia » a été copiée dans beaucoup d’autres pays.
À Mexico, le vélo partagé est une stratégie de mobilitéÀ l’occasion du mondial de football, la ville de Mexico incorpore de nouvelles bicyclettes à son service, peut-être pas autant que ce que les autorités avaient annoncé – à cause d’un budget insuffisant et des difficultés à entretenir les vélos déjà existants. Mais quoi qu'il en soit, l’expansion du vélo partagé fait clairement partie de la stratégie de mobilité dans la capitale pour les années à venir. La mairie ambitionne de doubler au moins le nombre de vélos en circulation et la couverture du service qui pour l’instant se concentre dans l’ouest de Mexico et les quartiers plutôt privilégiés ou touristiques. Aujourd’hui pourtant plus de la moitié des trajets qui sont réalisés quotidiennement avec le service – environ 50 000 – sont faits par des habitants pour aller au travail ou se déplacer, connecter des métros ou des bus. Et c’est un enjeu environnemental important, une ville qui souffre du trafic de voiture en permanence et est l’une des capitales les plus polluées de la planète.
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Au pays du vélo, l'essor de l'électrique redéfinit les politiques publiquesL’arrivée des vélos à assistance électrique a été accueillie avec enthousiasme aux Pays-Bas. Avec la Flandre voisine, le vélo y est roi, mais l’électrique arrivé en masse sur les pistes cyclables a entraîné son lot de problèmes. Il y a d’abord eu une augmentation des accidents chez les séniors qui ont renoué avec le vélo grâce aux VAE. Désormais ce sont les fatbikes qui font s’arracher les cheveux aux autorités bataves qui réfléchissent à des interdictions partielles et à une législation stricte alors que les Pays-Bas étaient très permissifs pour les deux roues : les autorités envisagent d’imposer le port du casque et d’interdire les fatbikes aux moins de 14 ans, voire d’étendre la mesure à tous les VAE.
Au début, c’est pour le tout-terrain que des cyclistes néerlandais avaient acheté des fatbikes, avec leurs grosses roues bien épaisses idéales pour le sable et la neige. Mais aujourd’hui ces vélos électriques ont envahi les villes et ça a entraîné des milliers de plaintes de piétons excédés. Il faut dire que les fatbikes sont généralement conduits par des jeunes adept