Les courses les plus éprouvantes à travers le monde

Les derniers coureurs doivent arriver dans la matinée à Chamonix dans les Alpes françaises. Ce week-end avait lieu l'Ultra-trail du Mont-Blanc, une course qui teste les limites du corps humain, avec près de 170 km à parcourir avec un dénivelé positif de 10 000 m. C'est l'une des courses les plus éprouvantes, mais sur chaque continent, existent des courses de l'extrême. Elles sont destinées aux sportifs surentraînés ou aux amateurs de défis fous. Tour d'horizon de quelques courses emblématiques en Grèce, au Maroc et aux États-Unis avec nos correspondants, respectivement Emmanuelle Steels, Matthias Raynal et Carrie Nooten.

Au Maroc, le Marathon des Sables fait courir chaque année environ un millier de sportifs en plein désert. « Il y a des courses. Et puis il y a des aventures qui changent une vie » : la citation, sans auteur, est brandie par le Marathon des Sables sur son site Internet. Le « MDS » pour les intimes. Voilà le décor planté : les étendues arides à perte de vue du Sahara marocain, un paysage ocre que l’on traverse en suant toute l’eau de son corps, animé donc par cette promesse.

Le plus dur ici n’est pas l’effort à fournir lors de la course. Pour une édition normale, le taux d’abandon avoisine seulement 5 %. Pourtant, le « MDS », créé il y a quarante ans, est bien considéré comme l’une des pires épreuves d’endurance au monde, car en plus de devoir parcourir 250 kilomètres en plein désert, en sept jours, il faut se confronter durant toute cette période à la rigueur de la vie en autosuffisance. Dormant à même le sol, sous une tente berbère, chaque participant emporte avec lui son matériel et ses vivres. Pour terminer, une dernière citation : « Le MDS est une véritable épopée qui marque l'âme plus qu'elle ne fait grimper le taux d’endorphines ». Voilà qui est bien résumé par un journaliste et coureur amateur.

Le Spartathlon en Grèce, un des utra-marathons les plus rudes au monde

C’est une course qui recrée un exploit historique datant de 490 avant J.-C. : un messager aurait parcouru en moins de deux jours la distance qui sépare Athènes de Sparte, soit 246 kilomètres. Le Spartathlon a été relancé en 1983, mais c’est en quelque sorte l’ancêtre historique des ultra-marathons. Apparemment, il y a plus de deux millénaires l’ultra-marathon existait déjà. Aujourd’hui, les coureurs s’élancent sur les traces de Philippidès, le messager envoyé par Athènes pour réclamer l’aide de Sparte dans la guerre face aux Perses. Fin septembre, entre 300 et 400 participants triés sur le volet doivent parcourir 246 kilomètres en moins de 36 heures : le départ est donné au pied de la colline de l’Acropole à Athènes. Les coureurs doivent franchir 75 points de contrôle avec des limites de temps très strictes à respecter pour chaque tronçon. Le parcours alterne les sentiers rocailleux, les chemins boueux, s’il pleut, ce qui est souvent le cas en cette saison, et les traversées de vignes et de champs d’oliviers. Le climax, c’est l’ascension nocturne du mont Parthénion, 1200 mètres d’altitude, avant d’arriver à Sparte, à la statue du roi Léonidas, où les coureurs s’effondrent, épuisés, en larmes souvent, submergés par l’émotion d’avoir réalisé une telle prouesse.

La Barkley aux États-Unis, 18 000 mètres de dénivelé

Pour les coureurs qui veulent aller au-delà du défi des 160 kms de trail, il y a la « Barkley » aux États-Unis. Cet ultra-marathon créé en 1986, l’un des plus redoutables du monde, se déroule à la fin de l’hiver dans le parc de Frozen Head, dans le Tennessee. Le dénivelé y est de 18 000 mètres - l’équivalent de deux ascensions de l’Éverest. On y va sur invitation seulement et pour se diriger, les athlètes disposent de boussoles et de cartes papier : les montres GPS et téléphones sont interdits, le parcours n’est pas balisé.


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